Il était certain qu’il n’éprouverait pas de remords à abattre Tyr.

L’énorme bête qu’il avait vue et sur laquelle il avait tiré ne serait pas une proie facile. Elle leur donnerait du fil à retordre. Elle se défendrait désespérément et les chiens auraient à en découdre si Metoosin arrivait à temps avec eux.

Tyr était averti.

Il lui était loisible de changer de territoire et d’échapper s’il le voulait, ou bien il pouvait rester et combattre.

Langdon pensait bien que l’ours demeurerait et il alla se coucher dans l’attente joyeuse du lendemain.

Il fut éveillé quelques heures plus tard par un déluge de pluie qui le fit jaillir de ses couvertures avec un cri d’avertissement à Bruce.

Ils n’avaient pas monté leur tente et, l’instant d’après, il entendit Bruce maudissant leur idiotie.

La nuit était aussi sombre qu’une caverne, sauf lorsqu’elle se zébrait d’éclairs et que la montagne s’emplissait du roulement sinistre du tonnerre.

Se dégageant de ses couvertures trempées, Langdon se leva. A la lueur d’un éclair, il aperçut Bruce assis sur son lit de camp, les cheveux dégouttants d’eau, plaqués sur la figure, et à cette vue il éclata de rire.

— Il fera beau temps demain ! railla-t-il en répétant les paroles prononcées par Bruce quelques heures auparavant. Regarde comme la neige est blanche sur les pics !