La repartie de Bruce fut étouffée par le fracas du tonnerre.

Langdon attendit un autre éclair et se précipita vers l’abri fourni par des sapins épais. Il y demeura tapi, recroquevillé sur lui-même pendant cinq à dix minutes. Puis la pluie cessa soudain comme elle avait commencé ; le tonnerre roula vers le sud et les éclairs l’accompagnèrent.

Dans l’obscurité, il entendit Bruce qui fouillait parmi les objets de campement, puis une allumette fut grattée et il vit son camarade en train de regarder sa montre.

— Il est bien près de trois heures, émit le guide… Saleté de pluie !

— Je m’y attendais plutôt, répliqua Langdon blagueur… Tu sais, Bruce, quand la neige est aussi blanche sur les pics…

— Ferme ta bouche… et allumons du feu, C’est une veine que nous ayons eu l’esprit de recouvrir nos vivres avec les couvertures… Es-tu mouillé ?

Langdon tordait ses cheveux pour en égoutter l’eau.

— Non, j’étais à l’abri sous les sapins ! je m’attendais d’ailleurs à l’être. Quand tu attiras mon attention sur la blancheur de la neige… je me méfiai tout de suite.

— Au diable la neige ! grogna Bruce, et Langdon l’entendit qui cassait les basses branches résineuses d’un sapin.

Il s’en fut l’aider et, cinq minutes plus tard, ils avaient déjà une belle flambée.