La lueur illumina leurs visages et ils se rendirent compte chacun que le camarade n’était pas de mauvaise humeur.
Bruce ricanait entre ses mèches détrempées.
— J’étais dans le plus profond sommeil quand ça commença, expliqua-t-il, et je rêvais que j’étais tombé dans un lac. Je me suis réveillé en essayant de nager.
Une averse du début de juillet dans les montagnes du Nord de la Colombie britannique n’est pas particulièrement tiède, et, pendant une bonne petite heure, Langdon et Bruce continuèrent à rassembler du combustible pour sécher leurs couvertures et leurs vêtements.
Il était cinq heures lorsqu’ils déjeunèrent et il en était six lorsqu’ils se remirent en route avec deux chevaux de selle et un seul cheval de bât.
Bruce eut la satisfaction d’une revanche sur Langdon : ses prévisions se vérifièrent et une journée merveilleuse fit suite à l’orage.
Les prairies que foulaient les chevaux conservaient l’humidité. La vallée ronronnait plus haut, les ruisseaux s’étaient enflés. Des sommets des montagnes la moitié de la neige s’était trouvée balayée et les fleurs semblaient à Langdon plus hautes et plus belles.
L’air qui flottait à travers la vallée était chargé de la fraîcheur et de la douceur du matin. Le soleil épandait sur le tout ses chauds rayons d’or.
Ils continuèrent à remonter le cours du ruisseau, se penchant du haut de leurs selles pour examiner les étendues de sable qu’ils franchissaient. Ils n’avaient pas parcouru un quart de mille lorsque Bruce poussa une brusque exclamation et s’arrêta. Il désignait un petit banc de sable rond sur lequel Tyr avait laissé l’une de ses larges empreintes.
Langdon sauta à bas de sa selle et la mesura.