— Vaudrait mieux grimper sur la pente ?
Ils achevèrent de contourner l’éboulis, leurs carabines prêtes à faire feu, et se dirigèrent vers un étroit ravin qui semblait permettre d’accéder facilement aux premières pentes.
A l’entrée de la ravine, ils s’arrêtèrent de nouveau tous deux. Le fond en était couvert de sable noir et ce sable portait les empreintes d’un autre ours.
Bruce se laissa tomber sur les genoux.
— C’est un autre grizzly, fit Langdon.
— Jamais de la vie… c’est un ours noir, protesta Bruce… Sacré Jim, je n’arriverai donc jamais à te fourrer dans la tête la différence qui existe entre les empreintes d’un ours noir et celles d’un grizzly ! C’est là l’empreinte de la patte de derrière. Le talon est rond. S’il s’agissait d’un grizzly, le talon serait pointu. L’empreinte est trop large, trop mastoque, pour être celle d’un grizzly, et les griffes sont trop longues par rapport à la plante. Ça se voit, comme le nez au milieu du visage, qu’il s’agit d’un ours noir !
— Et il va du même côté que nous, fit Langdon, viens-t’en.
L’ours était sorti du ravin à deux cents mètres de son entrée. Langdon et Bruce l’imitèrent.
Dans l’herbe épaisse et les cailloux de la première crête de la pente, la piste se perdit rapidement, mais les chasseurs ne s’en souciaient guère.
De la hauteur à laquelle ils voyageaient, ils avaient une admirable vue des bas-fonds.