— Ils mourront de faim.

— S’il n’y en a qu’un, c’est probable. Il avait plus de lait qu’il ne lui en fallait et n’a jamais dû chercher à se débrouiller lui-même.

Les oursons sont un peu comme les bébés… on peut les sevrer de bonne heure, ou, au contraire, les élever au biberon jusqu’au tiers de leur croissance !

— Voilà ce qui arrive quand on laisse ses gosses seuls, moralisa Bruce. Si tu te maries jamais, Jimmy, veille à ce que ta femme n’en fasse pas autant.

Il arrive que les bébés se brûlent ou se cassent le cou !

CHAPITRE IX
LE DUEL DE TYR

L’encorbellement sur lequel dormaient Tyr et Muskwa fut baigné par les premiers rayons du soleil et il ne tarda pas à y faire plus que tiède.

Tyr, lorsqu’il se réveilla, se contenta de s’étirer sans se lever. Après ses blessures, le sapoos-oowin et le festin dans la vallée, il éprouvait un gros bien-être, et il ne se sentait pas pressé de quitter ce bain vivifiant de chaud soleil.

Longuement il regarda Muskwa avec une expression curieuse.

Au cours de la fraîcheur nocturne, l’ourson s’était blotti tout contre lui, au chaud, entre ses pattes de devant, et il y reposait toujours en gémissant parfois à la manière des tout petits.