Ainsi donc, cependant que Muskwa continuait à dormir et à rêver au soleil, un contentement croissant emplissait l’âme de Tyr.
Il étudia les fonds de la vallée, luisants encore d’humidité, et il n’y vit rien d’inquiétant. Il flaira l’air qui embaumait la fraîcheur impolluée de l’herbe, des fleurs et des pins balsamiques. Il se mit à lécher sa blessure et ce fut ce mouvement qui réveilla Muskwa.
L’ourson leva la tête, cligna des yeux à diverses reprises, se frotta le museau avec les pattes afin de chasser le sommeil, et se dressa frais et dispos…
Les fatigues de la veille étaient déjà oubliées.
Tandis que Tyr demeurait paisiblement allongé à contempler la vallée, Muskwa s’en fut explorer les crevasses des rochers.
Tyr cessa de regarder la vallée pour observer l’ourson avec une curiosité bourrue.
Puis il se leva lourdement à son tour et se secoua.
Pendant au moins cinq minutes, il reporta ses regards sur la vallée et flaira le vent, aussi immobile qu’un bloc de pierre, et Muskwa, les oreilles dressées, s’en vint se planter auprès de lui.
La tête levée vers son gigantesque compagnon, il semblait dire :
— Et maintenant qu’allons-nous faire ?