Et pourtant Tyr n’hésitait pas à creuser pendant plus d’une heure avec la dernière énergie, pour pouvoir savourer enfin un loir, cette friandise suprême !
Il découvrit un trou situé à sa convenance et se mit à gratter la terre comme un chien.
Il était sur la crête d’une pente.
Une ou deux fois peut-être, au cours de la demi-heure qui suivit, il leva la tête et flaira… mais l’odeur qu’avait apportée le vent venu de la vallée ne polluait plus l’air léger !
CHAPITRE II
LANGDON
La haute futaie s’éclaircissait ; la vallée s’élargit soudain ; Langdon arrêta son cheval, fit entendre un clapement de langue, signe chez lui du plus vif plaisir, passa sa jambe droite par-dessus le pommeau de bois de sa selle et attendit tranquillement.
A deux ou trois cents mètres derrière, encore masqué par les sapins, Bruce avait des difficultés avec « Poêle-à-frire », une jument de bât fort peu disciplinée.
Jim Langdon sourit joyeusement en entendant vociférer son camarade, qui menaçait d’étriper ou d’écarteler l’animal récalcitrant.
Le vocabulaire imagé dont Bruce se servait pour décrire les châtiments qu’il promettait à ses bêtes indifférentes faisait le bonheur de Langdon… car son brave compagnon n’eût pas gratifié d’un coup de houssine cette gale de « Poêle-à-frire » elle-même, s’il lui avait pris fantaisie d’aller se rouler sur le dos, avec sa charge, dans la boue.
L’un après l’autre les six chevaux sortirent de la haute futaie. Bruce montait le dernier des six.