Porky jubilait de son triomphe.

Il s’étira, ses piquants s’aplatirent un peu et il descendit vers Muskwa en se reprenant à glousser.

Instinctivement, l’ourson se rejeta sur le bord extrême du sentier. Porky était à quatre ou cinq pieds au-dessous de lui, totalement absorbé par des pensées futiles.

L’aventure du sentier aux chèvres n’était pas encore entièrement terminée, car à peine Porky avait-il parcouru cent mètres que, de derrière le gros rocher, apparut un lynx ardent sur la piste de son dîner favori.

Ce bandit de la montagne était trois fois aussi gros que Muskwa. Il n’était que muscles nerveux, os, griffes et dents aiguës.

Il avait une marque blanche sur le nez et sur le front. Ses pattes étaient courbées et épaisses, sa queue touffue, et les griffes de ses pattes de devant presque aussi longues que celles d’un ours.

Tyr accueillit son apparition par un grondement de menace, et le lynx fit demi-tour dans la direction opposée.

Cependant, Porky continuait à descendre en se parlant à lui-même, entièrement oublieux de sa rencontre avec les ours. Il ignorerait toujours que Tyr l’avait sauvé d’une mort certaine.

Pendant environ un mille, Tyr et Muskwa suivirent le sentier des chèvres avant d’arriver à la crête même de la montagne.

Ils étaient bien à un mille et demi au-dessous du cours du ruisseau et la crête que suivait le sentier était, par endroits, si étroite qu’ils pouvaient contempler simultanément les deux vallées.