Une sorte de brume vert et or flottait à mi-hauteur des vals ; la profondeur semblait illimitable.
La forêt, le long du ruisseau, n’était plus qu’un long serpent noir, et les bois de pins et de cèdres sur les pentes semblaient de toutes petites touffes d’herbes à buffle.
A pareille hauteur, le vent soufflait ferme. Muskwa était fouetté par les rafales.
A plusieurs reprises, il sentit sous la plante de ses pieds le froid mystérieux et très désagréable de la neige.
Deux fois, un même oiseau sembla vouloir s’abattre près de lui.
C’était le plus grand oiseau qu’il eût jamais vu : un aigle.
La seconde fois, il s’approcha tellement que Muskwa entendit battre ses ailes et put en discerner la tête féroce et les serres ouvertes.
Tyr leva la tête et gronda.
Si Muskwa avait été seul, les serres se seraient refermées sur lui.
La troisième fois que l’aigle plongea des hautes sphères aériennes, il descendit considérablement au-dessous d’eux.