L’énorme oiseau chassait un autre gibier.

L’odeur dudit gibier ne tarda pas à monter jusqu’à Muskwa et jusqu’à Tyr… qui s’arrêtèrent.

A une centaine de mètres au-dessous d’eux, il y avait une sorte de coupelle au sol rocailleux, et, dans cette coupelle, se chauffant au soleil après leur repas du matin, une bande de moutons.

Il y en avait une trentaine, brebis et agneaux pour la plupart. Trois béliers puissants montaient la garde, un peu plus à l’Est.

L’aigle continua de planer sans faire de bruit, ses ailes de six pieds étendues comme des éventails jumeaux.

Les brebis et même les vieux mâles étaient inconscients de sa présence au-dessus d’eux.

La plupart des agneaux gisaient près de leurs mères, mais trois d’entre eux, plus hardis ou plus alertes, s’amusaient à cabrioler sur les bords de la coupelle.

L’aigle ne perdait pas de vue ces trois imprudents. Soudain, il se laissa tomber comme une pierre en plein sur les agneaux.

Un bêlement d’agonie marqua son passage, et il n’y eut plus que deux agneaux où il y en avait eu trois.

Une agitation désordonnée se propagea aussitôt dans la coupelle.