Les brebis se mirent à courir en tous sens et à bêler.

Les trois béliers bondirent et le front dressé se mirent à scruter les pics dans la crainte d’un nouveau danger.

L’un d’eux vit Tyr et le bêlement d’avertissement qui sortit de sa gorge eût été entendu par un chasseur à un mille de distance.

Tandis qu’il émettait ce signal d’alarme, il se précipita le long de la pente et, l’instant d’après, une avalanche de sabots battait les flancs ardoisés de la montagne.

Tout ceci intéressait fort Muskwa et il serait demeuré longtemps sur place dans l’attente d’autres événements si Tyr ne l’avait entraîné.

Au bout d’un temps, le sentier des moutons commença à descendre vers la vallée dont Tyr avait été obligé de fuir l’extrémité supérieure sous les premières balles de Langdon.

Ils étaient maintenant à six ou huit milles au Nord de la haute futaie où les chasseurs avaient établi leur camp permanent et ils se dirigeaient vers les tributaires inférieurs de la Skeena.

Au bout d’une autre heure de voyage, ils étaient sur les pentes vertes.

Après les rochers et le vent froid, la vallée chaude et verdoyante semblait un paradis à Muskwa.

Et il était évident que Tyr avait quelque chose en tête. La tête basse, il se dirigeait en droite ligne vers le Nord. Un compas n’aurait pas marqué une courbe plus directe vers les eaux de la Skeena.