Il allait résolument, sans jamais ralentir, et Muskwa, qui suivait bravement à la même allure, se demandait s’il s’arrêterait jamais, et ce qu’il pouvait bien y avoir au monde de plus épatant pour un grand grizzly et un ourson brun que ces pentes merveilleusement ensoleillées, que Tyr semblait si pressé de quitter.
CHAPITRE XI
BRUCE ET LANGDON SUR LE THÉATRE DU COMBAT
Trois minutes après que les chasseurs essoufflés et en sueur furent arrivés sur le lieu du conflit sanguinaire, Bruce était prêt à continuer la poursuite de Tyr.
Il savait que le grand grizzly ne pouvait être loin et il était certain qu’il avait dû gravir le flanc de le montagne.
Il découvrit des empreintes de Tyr dans le gravier de la ravine au moment où le grizzly et l’ourson à la frimousse brune s’engageaient sur le sentier des chèvres.
Mais Langdon ne voulait rien savoir pour continuer la poursuite immédiatement.
Ému jusqu’au plus profond de l’âme par ce qu’il avait vu et par ce qu’il voyait maintenant autour de lui, le chasseur naturaliste refusa de quitter la roche tachée de sang sur laquelle le grizzly et l’ours noir s’étaient battus en duel à mort.
— Même si j’étais sûr de ne pas pouvoir tirer un coup de fusil en chemin, je n’hésiterais pas à parcourir cinq cents milles pour revoir pareil spectacle, dit-il. Cela vaut la peine qu’on y pense et qu’on y consacre son temps.
Le grizzly ne perdra rien pour attendre. Ceci, au contraire, y perdrait beaucoup : les mouches commencent à s’y mettre.
S’il est une histoire là-dedans que nous puissions découvrir, j’y tiens !