Pendant qu’ils observaient, deux gros travailleurs poussèrent une bûche de quatre pieds de long dans le lac, avec un grand plouff, et l’un d’entre eux se mit à la piloter vers le théâtre des opérations, tandis que son compagnon se rendait à une autre besogne.
Un peu plus tard, il y eut un craquement formidable du lac. Un autre castor venait de réussir à abattre un arbre.
Au même instant, une espèce de détonation claqua au milieu du lac.
Un vieux castor avait aperçu Tyr et, du plat de sa queue, avait frappé l’eau avec tant de vigueur que l’on eût dit le bruit d’un coup de fusil.
Aussitôt, il y eut des séries de plongeons dans toutes les directions, et l’instant d’après le lac se couvrait de vaguelettes tandis qu’une vingtaine de travailleurs, effrayés, regagnaient au-dessous de l’eau leurs forteresses de roseau et de boue.
Muskwa observa ce remue-ménage avec tant d’intérêt qu’il en oublia de suivre Tyr.
Il le rejoignit au barrage.
Pendant quelques instants, le grand grizzly inspecta les nouveaux travaux, puis, rassuré sur leur solidité, s’y engagea hardiment.
Ce barrage valait un pont et ils gagnèrent par ce moyen les terrains plus élevés de l’autre rive.
Deux ou trois cents mètres plus loin, Tyr s’engagea sur une piste de caribous, bien battue, qui allait droit vers le Nord.