Rod étendit la paume de sa main et, en un instant, elle fut recouverte d’un épais coussin. Il avança un peu, et ce n’était plus déjà qu’une ombre spectrale, à peine perceptible à ses compagnons. Lorsqu’il rentra dans la cabane, au bout d’une minute, il apportait sur lui toute une charge de neige.

L’avalanche neigeuse continua sans interruption durant l’après-midi, et pendant la nuit pareillement. Vers le matin, Rod entendit le vent, qui s’était élevé, siffler et hurler dans les arbres voisins et contre les murs de la vieille cabane. Il se leva et ranima le poêle, tandis que Wabi et Mukoki dormaient encore.

Il tenta d’ouvrir la porte. Elle était bloquée. Il poussa les volets de la fenêtre et un plein baril de neige s’abattit sur lui. Aucune lueur de jour n’était encore visible.

En se retournant, il aperçut Wabi assis sur ses couvertures et qui riait sous cape à l’aspect de son camarade ahuri et consterné.

« Qu’est-ce qui se passe donc en notre pauvre monde ? demanda Wabi, avec un gros soupir. Serions-nous ensevelis sous la neige ?

— J’espère que non, répondit Rod, en jetant vers le poêle qui ronflait un regard inquiet. Enseveli, Wabi…

— En tout cas, nous ne le sommes pas complètement. Si j’en crois ce bon feu, le sommet de la cheminée émerge encore ! »

Mukoki s’éveilla à son tour et s’étira les membres. Et, comme un rugissement formidable passait sur la cabane :

« Vent souffler très fort ! dit-il. Tout à l’heure souffler plus fort ! »

Rod repoussa dans un coin, avec une pelle, la neige introduite par lui et barricada à nouveau les volets, tandis que ses compagnons s’habillaient.