Rod, alors, se souvint des signaux convenus au début de leur expédition et par lesquels ils s’appelleraient mutuellement au secours. Deux coups de son fusil retentirent ; puis, après un instant d’intervalle, trois autres, aussi précipités qu’il le put.
Il vit l’Indien, qu’il suivait des yeux, s’arrêter et se retourner, en paraissant écouter.
Il répéta son signal. Mukoki avait compris et, se balançant sur ses raquettes, prenait sa course dans la direction indiquée, en s’élevant, avec toute la rapidité possible, sur la pente neigeuse.
Rod continuait à tirer de temps à autre. Un quart d’heure après, Mukoki, haletant, l’avait rejoint sur la crête.
« Les Woongas ! cria Rod. Ils ont attaqué le campement ! Voyez ! J’ai entendu aussi des coups de fusil, des coups de fusil ! »
Mukoki regarda le nuage de fumée. Pendant une seconde, le vieux trappeur fixa la cabane qui brûlait. Puis, sans rien dire, il se mit à dévaler des pentes neigeuses, avec une vitesse vertigineuse.
Rod, emboîtant sa piste, arrivait à grand’peine à le suivre, mais une surexcitation folle était pareillement en lui. Sa figure était écorchée et saignait, au fouettement des branches de sapins, à travers lesquels Mukoki coupait en ligne droite.
De quelques minutes seulement le vieil Indien l’avait précédé, lorsqu’il atteignit comme lui la petite colline qui dominait le lac et le campement.
Devant eux, la cabane écroulée dans les flammes n’était plus qu’une masse fumante. Et point de Wabi !
Mais, à peu de distance de cette ruine, une forme humaine était couchée dans la neige. Rod saisit le bras de Mukoki et, sans que sa bouche convulsée pût articuler une parole, il la lui montra.