Mais la riposte n’avait pas tardé. Sous les balles de Wabi et de Mukoki, deux des poursuivants s’écroulaient.
Les Woongas, par bonheur, étaient à ce moment en terrain découvert, tandis qu’un boqueteau de cèdres, à proximité immédiate des trois compagnons, leur offrait un abri, au moins momentané.
D’une main vigoureuse, Wabi empoigna son camarade et l’entraîna, le traîna plutôt, sur la neige.
Une grêle de balles siffla à nouveau, avant que les trois compagnons eussent atteint les larges troncs protecteurs des cèdres et se fussent dissimulés derrière eux. Un cri de souffrance de Mukoki indiqua qu’il était touché.
Le vieux trappeur jeta à terre son ballot.
« Est-ce sérieux, Muki ? haleta Wabi. Où la balle a-t-elle porté ? »
Mukoki, un peu chancelant, se redressa.
« Balle dans épaule gauche. Pas grave. Ballot fourrures avoir amorti coup. Nous très bien ici. Leur donner le Diable. »
Les Woongas, en effet, s’étaient arrêtés. Ils n’étaient qu’une demi-douzaine. Le reste de la bande s’échelonnait sur la neige, à des distances diverses. Dans la hâte de leur poursuite, ils n’avaient point pris le temps de chausser tous leurs raquettes et ceux qui n’en étaient point munis traînaient à l’arrière.
Les fusils de Wabi et de Mukoki recommencèrent à crépiter. Deux autres Woongas tombèrent, tués ou grièvement blessés. Le reliquat esquissa prudemment un mouvement de retraite, en attendant du renfort. Rod eut la force d’épauler et un troisième ennemi pirouetta sur lui-même, une jambe cassée.