Rod demanda :

« Et comment le sais-tu, Muki ? »

L’Indien lui montra le petit bois :

« Beaux sapins épais. Perdrix hiverner dedans à l’abri. »

Wabi avait déballé les fourrures, qui furent partagées en trois tas. Seules, trois larges peaux de loup en furent distraites. Tendues sur des branches de sapin, elles formèrent trois petits toits, sous lesquels les dormeurs s’étendirent de leur mieux.

Roderick, rompu de fatigue, ne tarda pas à reposer profondément. Mais Wabi et Mukoki ne prirent que des bribes de sommeil, s’éveillant de temps à autre pour recharger le feu et s’assurer que rien d’anormal ne se produisait.

Rod dormait encore, entre ses chaudes fourrures, lorsqu’il fut réveillé par trois coups de feu. Un instant après, Mukoki apparaissait, tenant à la main trois perdrix.

Le boy battit des mains. Jamais déjeuner ne lui parut meilleur. Les oiseaux furent mangés jusqu’à la carcasse.

La neige avait, durant la nuit, cessé de tomber. Avec le jour, ses rafales recommencèrent. A demi-aveuglée, la petite caravane marcha jusqu’à midi. Elle dut, alors, faire halte. On était maintenant assez loin de la région où évoluaient les Woongas pour n’avoir plus rien à redouter d’eux et un confortable abri fut construit, tout à loisir, avec des branches et des ramures de sapin.

« Nous ne devons plus être, observa Wabi, beaucoup distants de la piste de Kénogami-House. Peut-être même l’aurons-nous dépassée.