Wabi prit affectueusement les mains de Rod et les serra. Mais il répondit d’une voix rauque :

« C’est impossible. Mon devoir est ici ! Minnetaki non plus ne saurait vous accompagner. Elle n’est plus en ces lieux… »

Roderick chancela et devint tout pâle.

« Elle est en sûreté, rassurez-vous ! reprit Wabi. Mais ses nerfs et sa santé avaient été tellement ébranlés par les terribles épreuves subies durant ces deux derniers mois, que mon père a décidé de l’éloigner momentanément, jusqu’au terme des opérations en cours. Il aurait voulu que ma mère fît de même, mais elle s’y est refusée.

— Et Minnetaki est loin d’ici ? balbutia Rod.

— Elle est partie pour Kénogami-House, il y a quatre jours, en compagnie d’une femme de confiance et de deux guides. Ce sont leurs empreintes que vous avez vues marquées sur la piste.

— Alors, les petits pieds étaient bien les siens ?

— Vous l’avez dit, cher ami ! Restez-vous, décidément ? Vous serez ainsi le premier à la saluer à son retour.

— Je ne le puis pas. Ma mère avant tout… »

Minnetaki ne s’était point éloignée cependant sans remettre à sa mère indienne une petite lettre, destinée à Roderick. Wabi vint la lui apporter dans sa chambre, pour le consoler.