De sa découverte, le boy demeura tout d’abord comme figé. Mais rapidement il songea que les Woongas les avaient suivis ! Ils allaient tomber à l’improviste sur les dormeurs ! Presque en même temps, une de ses mains rencontra le canon du fusil de Wabi. Le froid de l’acier le fit tressaillir.

Il n’avait pas le loisir de réveiller ses compagnons. Le temps même qu’il tirât à lui le fusil, la forme avait déjà grandi, près du rocher, jusqu’à ce qu’elle s’abaissât, prête à bondir. Un halètement de Rod, une détonation qui retentit comme un tonnerre, un cri de douleur, et toute la hutte était sur pied.

« Nous sommes attaqués ! cria Rod. Vite ! Wabi ! Mukoki ! »

Le jeune blanc, à présent, était à genoux, le fusil fumant, toujours en joue, dans la direction du rocher. Là, dans l’ombre ténébreuse, un peu au delà du feu, un corps se tordait, en soubresauts, dans l’agonie de la mort.

La forme efflanquée du vieil Indien était venue s’agenouiller à côté de Rod, le fusil à l’épaule, et, par-dessus leurs deux têtes, Wabi, le bras tendu, braquait son gros revolver, dont le canon étincelait à la lueur du feu.

Après un moment d’attente Wabi chuchota :

« Ils sont partis. »

Rod, dont la voix tremblait d’émotion, répondit :

« J’en ai un. »

Mukoki, écartant les branchages qui formaient la hutte, se risqua dehors, toujours sur le qui-vive. Les deux boys le virent qui contournait le rocher, dissimulé dans son ombre, et qui s’avançait vers la victime de Rod. Lorsqu’il fut près du corps, maintenant immobile, il se courba, puis se redressa, avec un grognement, et lança la dépouille mortelle de leur ennemi dans la clarté du feu.