Laissant là leurs bagages et Loup attaché au traîneau, les trois hommes descendirent vers le lac.
A peine en avaient-ils atteint les bords que Wabi, s’étant arrêté, tressaillit. Et, montrant du doigt, à ses compagnons, la forêt qui s’étendait sur la rive opposée, il s’exclama :
« Regardez ceci ! »
A demi cachée dans les sapins, était une cabane. On pouvait se rendre compte, même à distance, qu’elle était abandonnée. La neige s’était amoncelée autour d’elle. Aucune fumée ne fusait de son toit. Pas un signe n’y annonçait la vie.
Contournant le lac, les chasseurs se dirigèrent vers cette cabane.
S’en étant prudemment approchés, ils constatèrent qu’elle était déjà ancienne. Les bûches dont elle était bâtie commençaient à s’effriter. Sur sa toiture, des arbustes, semés par le vent, avaient pris racine. Sa construction remontait, sans nul doute, à plusieurs années. La porte, qui était faite de bûches fendues par leur milieu, et qui regardait du côté du lac, était hermétiquement close. Close aussi l’unique fenêtre, qui était orientée de même et que barraient extérieurement des traverses faites avec de jeunes arbres.
Mukoki essaya d’ouvrir la porte, en pesant dessus. Mais elle résista à ses efforts. Il était évident qu’elle était, à l’intérieur, solidement verrouillée.
Il y avait là matière à s’étonner. Comment cette porte pouvait-elle avoir été ainsi bloquée par en dedans, sans qu’il y eût personne dans la cabane ?
Pendant quelques instant, les trois hommes en demeurèrent tout interloqués, prêtant vainement l’oreille.
« Voilà qui paraît étrange, n’est-ce pas ton avis, Muki ? » dit Wabi à voix basse.