Mukoki, agenouillé contre la porte, continuait à écouter, l’oreille collée aux fentes du bois. Comme il n’entendait toujours quoi que ce fût, il se releva et, détachant ses raquettes, les envoya danser en l’air, de deux coups de jarrets. Puis, empoignant sa hache, à sa ceinture, il alla vers la fenêtre.

Après une douzaine de coups, il avait pratiqué dans le volet une petite ouverture. Par elle, le vieil Indien écouta encore, avec défiance. Aucun bruit, toujours. Il renifla. Une atmosphère à la fois moisie et raréfiée, presque suffocante, parvint à ses narines. Il éternua. Puis il recommença à faire, morceau par morceau, sauter le volet.

Quand l’ouverture fut assez grande, il y passa sa tête et ses épaules, et regarda. Mais, dans l’obscurité de la cabane, il ne put d’abord rien distinguer.

« Eh bien, Muki ? » interrogea avec impatience Wabi, qui se tenait derrière lui.

Mukoki demeurait toujours muet. Il était en train d’adapter ses yeux à l’obscurité et il ne grouillait pas plus qu’une pierre, il était aussi silencieux qu’un mort.

Très lentement enfin, avec mille précautions, comme s’il craignait de réveiller quelqu’un qui dormait, il se tira en arrière et reprit pied sur le sol. Lorsqu’il se retourna vers ses deux compagnons, l’expression de sa figure était telle qu’ils ne la lui avaient jamais encore vue.

« Qu’y a-t-il, Mukoki ? » demandèrent-ils.

Le vieil Indien aspira fortement une bouffée d’air frais.

« Cabane… balbutia-t-il. Cabane… Il y a dedans une armée de morts ! »

CHAPITRE IX
CE QUE RENFERMAIT LE PETIT SAC EN PEAU DE DAIM