Pour Mukoki et Wabi, au contraire, la bataille des squelettes, si elle les avait d’abord fortement troublés, n’était plus déjà qu’un incident comme un autre de leur existence aventureuse.
Mais ce qui, surtout, tracassait Rod, c’était de savoir le pourquoi de la tragédie. Pourquoi, oui, ces deux êtres s’étaient-ils ainsi entre-tués dans la cabane close ? Quelle était la clef du mystère ? Il l’aurait, en vérité, payée un bon prix.
La grimpade terminée, Rod se réveilla à des réalités plus précises. Wabi était déjà en train de s’atteler au toboggan. Il était d’excellente humeur.
« Cette cabane, s’exclama-t-il comme Rod le rejoignait, nous tombe du ciel à point nommé ! Nous aurions eu cinq semaines au moins de travail pour en construire une. C’est ce qu’on appelle avoir de la chance !
— Comment, demanda Rod, nous allons vivre là-dedans ?
— Vivre là-dedans ? Je le pense bien. La cabane est trois fois grande comme celle que nous aurions bâtie. Je me demande même pourquoi les deux camarades l’ont faite d’une pareille dimension. Qu’en penses-tu, Mukoki ? »
Mukoki hocha la tête. Les tenants et aboutissants de cette histoire dépassaient évidemment sa compréhension.
Équipements et provisions furent bientôt amenés à la porte de la cabane.
« Procédons d’abord au nettoyage, annonça gaiement Wabi. Donne-moi un coup de main, Muki, veux-tu, pour ramasser tous ces os. Rod, durant ce temps, pourra s’amuser à flairer dans les coins et peut-être découvrira-t-il quelque chose d’intéressant. »
Roderick accepta volontiers le rôle qui lui incombait, car sa curiosité inassouvie n’avait fait que croître.