« Pourquoi ? Oui, pourquoi se sont-ils tués ? » mâchonnait-il entre ses dents.
Il commença donc ses recherches. Sous la chaise renversée, qui était faite de petits sapins cloués ensemble, il y avait un tas innommable et poussiéreux, qui s’effrita sous ses doigts. Mais, un peu plus loin, il découvrit deux fusils. Ils étaient d’un modèle très ancien et aussi longs que Rod lui-même.
« Ces fusils proviennent de la Baie d’Hudson, dit Wabi. De semblables on se servait avant que mon père fût né. »
Roderick, le cœur battant, continuait son exploration. Accrochés à l’un des murs, il trouva les restes de ce qui avait été des vêtements : un fragment de chapeau, qui tomba en pièces sitôt qu’il y eut porté la main ; des loques poudreuses et informes, véritables guenilles. Sur la table, il y avait des casseroles rouillées, un seau en fer-blanc, une bouilloire de fer battu et des restes d’anciens couteaux, des fourchettes et des cuillères. Puis encore, à l’un des bouts, un objet qu’il prit dans sa main et qui offrait une résistance suffisante pour s’être bien conservé et ne point s’émietter, lorsqu’il y toucha.
Rod reconnut que c’était un petit sac en peau de daim, ficelé à l’un de ses bouts, et fort lourd. Les doigts tremblants d’émotion, il dénoua la ficelle, à demi décomposée, et une poignée de quelque chose qui ressemblait à des cailloux noirâtres tinta sur la table. Il poussa un cri aigu, en appelant ses compagnons.
Wabi et Mukoki venaient d’aller décharger dehors une brassée d’ossements. Ils arrivèrent près de lui.
« Voyez ceci, dit-il.
— On dirait du plomb, opina Wabi.
— Du plomb… A moins que ce ne soit de l’or ! »
Les cœurs se mirent à battre.