[11] En latin dans le texte. (Note des Traducteurs.)
Mukoki avait eu une grimace significative, accompagnée d’un haussement d’épaules prodigieux, lorsque Rod avait émis l’idée que le gisement d’or était situé dans le fond du ravin diabolique. Aussi gardait-il ses réflexions pour lui-même et le retour fut silencieux.
Taciturne comme tous les hommes de sa race, Mukoki ne parlait guère, si on n’entamait la conversation. Rod, de son côté, se demandait par où il pourrait réussir à descendre, dès qu’il en aurait l’occasion, dans l’abîme sinistre, afin de l’explorer en détail. Il ne doutait point que Wabi ne fût prêt à l’accompagner dans cette aventure. Au besoin, il la tenterait seul. Une brèche quelconque devait forcément exister dans l’abrupte muraille.
Lorsque les deux compagnons arrivèrent à la cabane, ils y trouvèrent Wabi, déjà rentré. Le jeune boy avait posé dix-huit trappes et tué deux perdrix des sapins. Les oiseaux étaient vidés pour le dîner, et le menu s’augmenta d’une tranche de daim.
Pendant les préparatifs du repas, Rod raconta la découverte du ravin mystérieux et le projet qu’il avait ébauché. Mais Wabi l’écoutait d’une oreille distraite. Ses préoccupations semblaient être ailleurs. Par moments, il demeurait immobile, les mains enfoncées dans la profondeur de ses poches, et paraissait ruminer, soucieux.
Finalement, tandis que Rod et Mukoki vaquaient aux menues occupations de la table ou du poêle, il sembla se réveiller de sa rêverie, tira de sa poche une douille de cuivre jaune et la tendit au vieil Indien.
« Vois ceci, Muki, dit-il. Mon intention n’est pas de provoquer parmi nous quoi que ce soit qui ressemble à une inutile panique. Mais voici ce qu’aujourd’hui j’ai rencontré sur ma piste. »
Mukoki se saisit de la douille, d’un geste aussi brusque que si elle eût été une autre pépite d’or, récemment découverte. La douille était vide. En bordure du cuivre, on lisait très distinctement, et il lut :
« 35 Rem. »
Il ajouta :