Rod continua son examen. Arrivé au point où un trait transversal, plus large et crochu, sectionnait le trait principal, deux mots étaient demeurés très distincts :
« Deuxième cascade. »
Puis, un demi-pouce plus loin, en lettres dispersées, on lisait :
« T…….. c..c..e. »
« Cela, dit Rod, signifie : Troisième cascade ! »
Là cessaient les traits du dessin. Au même endroit, entre celui-ci et les trois signatures, plusieurs lignes d’écriture se devinaient. Mais il était impossible d’en rien déchiffrer, tellement l’encre en avait pâli. Ces lignes, cependant, donnaient, à n’en pas douter, la clef même du mystère de l’or perdu.
Rod releva les yeux et l’excès du désappointement se peignit sur son visage. Il savait maintenant que, dans ces lignes annihilées par le temps, était enclos le secret d’un grand trésor. Mais il n’en était toujours pas plus avancé. Tout ce qu’il lui était donné de connaître, néanmoins, c’est que, quelque part dans les vastes solitudes du Wilderness, il y avait trois cascades. En un endroit imprécis, entre la seconde et la troisième, l’Anglais et les deux Français avaient découvert de l’or.
Où cela ? Et où étaient les cascades ? Rod n’en avait pas rencontré dans le ravin et il n’y en avait point non plus dans les environs de la vieille cabane. Le terrain avait été maintes fois exploré en tous sens par les trois compagnons, au cours de leurs randonnées de chasse et de la pose de leurs pièges.
Tout à coup Wabi, qui regardait Rod et semblait réfléchir, prit la bande de bouleau dans ses mains et la considéra de plus près. A un moment sa figure s’anima :
« Par saint Georges, s’écria-t-il, il nous faut peler cette écorce ! Regarde un peu, Muki. Rien n’est plus facile, n’est-ce pas ? »