Wabi tressauta.
« Tu as trouvé, Muki, l’explication du problème ! Tout finit, à la longue, par se débrouiller. »
Il se tut une minute et reprit :
« Je puis certainement me tromper, mais voici, à mon sens, comment l’aventure peut, dans son ensemble, se reconstituer. Ball et les deux Français ont, primo, découvert, par hasard ou autrement, le gisement d’or. Et ils ont travaillé le sol jusqu’à épuisement de leurs vivres. Secundo, un petit ou un gros trésor, nous l’ignorons exactement, a été réuni par eux. Comme les vivres font défaut, il est convenu que les deux Français iront se ravitailler à la factorerie. Wabinosh-House était, à cette époque, le poste le plus rapproché auquel ils pouvaient s’adresser. Avant de partir, ils assassinent Ball, afin de s’approprier ultérieurement sa part. Tertio, ils partent en n’emportant avec eux que juste assez d’or pour payer les marchandises dont ils ont besoin. Il pouvait être imprudent, en effet, d’exciter la convoitise d’autres aventuriers qui se rencontreraient avec eux à la factorerie. Quelques pépites passeraient inaperçues. Arrivés à cette cabane, ils y font halte. Plante ou Langlois, l’un des deux, médite alors de se débarrasser de son compagnon, comme il avait été fait de Ball, et de s’approprier, à lui seul, et le graphique et la mine, et le sac de pépites, et la possession finale du trésor mis en réserve. Ils se battent et se tuent mutuellement. Et voilà !
— Bravo ! fit Rod. Vous avez, Wabi, un esprit admirable.
— Et le trésor amassé par eux, nous le trouverons aussi, enterré sans doute quelque part près de la troisième cascade ! »
Les deux boys furent interrompus dans la construction de leurs châteaux en Espagne par Mukoki.
« Dîner prêt ! » appela-t-il.
CHAPITRE XV
SOUS L’AVALANCHE NEIGEUSE
Rod jusque-là, n’avait pas encore parlé de la piste mystérieuse, rencontrée par lui dans le ravin. Le rouleau de bouleau avait accaparé tout l’intérêt des trois compagnons.