Un matin, le capitaine entra dans le salon du cottage, où Anna était seule avec le petit malade couché sur le divan.

La surprise de la trouver seule le priva de sa présence d'esprit habituelle, il tressaillit.

«Je croyais les misses Musgrove ici;» puis il alla vers la fenêtre pour se remettre et décider quelle attitude il prendrait.

«Elles sont en haut avec ma sœur, et vont bientôt descendre,» répondit Anna toute confuse.

Si l'enfant ne l'avait pas appelée, elle serait sortie pour délivrer le capitaine aussi bien qu'elle-même. Il resta à la fenêtre, et après avoir poliment demandé des nouvelles du petit garçon, il garda le silence. Anna s'agenouilla devant l'enfant, qui lui demandait quelque chose, et ils restèrent ainsi quelques instants, quand, à sa grande satisfaction, elle vit entrer quelqu'un. C'était Charles Hayter, qui ne fut guère plus content de trouver là le capitaine, que celui-ci ne l'avait été d'y trouver Anna.

Tout ce qu'elle put dire fut:

«Comment vous portez-vous? Veuillez vous asseoir. Mon frère et ma sœur vont descendre.»

Wenvorth quitta la fenêtre et parut disposé à causer avec Hayter, mais, voyant celui-ci prendre un journal, il retourna à la fenêtre. Bientôt la porte restée entr'ouverte fut poussée par l'autre petit garçon, enfant de deux ans, décidé et hardi. Il alla au divan et réclama une friandise; comme il ne s'en trouvait pas là, il demanda un jouet; il s'accrocha à la robe de sa tante, et elle ne put s'en débarrasser. Elle pria, ordonna, voulut le repousser, mais l'enfant trouvait grand plaisir à grimper sur son dos:

«Walter, ôtez-vous, méchant enfant, je suis très mécontente de vous.

—Walter, cria Charles Hayter, pourquoi n'obéissez-vous pas? Entendez-vous votre tante? Venez près de moi, Walter, venez près du cousin Charles.»