—Dans quel pays un soldat abandonne-t-il ses armes? En cas d'alerte, avertissez-nous; vous verrez que les Faranguis reçoivent gentiment leurs ennemis.»
LA TRIBU DE MENCHET.
Sur cette réponse, et afin de prouver au cheikh que ses appréhensions nous avaient laissés très calmes, nous avons disposé une caisse en guise de table, allumé deux chandelles et engagé des parties de dominos, qui nous ont tenus éveillés fort avant dans la nuit. Vers une heure, les mèches s'allongeaient fumeuses, quand la tente s'ouvrit brusquement sans que les chiens eussent aboyé. Trois coups de feu retentissent derrière la muraille d'étoffe. Nous sautons sur nos armes. Menchet se précipite le visage effaré:
«Les brigands sont là! Prêtez-moi vos fusils.
—Non.
—Venez au moins à notre secours et marchez vous-même sur la trace des maraudeurs!
—Nous ne sortirons pas de la tente avant le jour.»
C'était un piège. Renonçant à nous tromper, Menchet se retire furieux; la nuit s'achève sans incident.
Au matin, nouvelle antienne. Attar est arrivé, mais le nombre des bêtes, si disproportionné avec les charges, a diminué. Un chameau s'est cassé la jambe, on a dû l'abandonner; un mulet suit la caravane sur trois pattes, incapable de porter son bât. Informé de ce désastre, Menchet se présente la bouche en cœur: