Et les Arabes s'écartèrent sans lui chercher noise.
M. Houssay rapporte une singulière nouvelle: le dernier courrier, confié aux bons soins du mirza, aurait été décacheté et lu par Moustapha Khan, médecin, conseiller intime, interprète et chef du cabinet noir de Mozaffer el Molk. Il tient ce renseignement du fils aîné de Cheikh Taher.
Après la fermeture des chantiers, M. Babin liquida nos dettes. Entrepreneurs et ouvriers acceptèrent leur salaire sans compter. On ne saurait croire combien la confiance du peuple persan se conquiert aisément; durant trois semaines aucune tentative de tromperie n'a été relevée contre nous, et les ouvriers s'en rapportent déjà à notre probité.
3 avril.—Autres gens, autres mœurs. Marcel fit réclamer les cent dix krans empruntés à M. Houssay par le mirza.
«Voici dix krans; c'est-il assez? répondit le colonel. On me doit encore vingt chaïs pour avoir fait paître aux chevaux l'herbe qui croît sur les terrasses du palais.»
Si le gouverneur voit jamais un poul (deux centimes) du revenu de ses toitures, je prétends que l'on m'empale.
Abdoul-Raïm s'est attribué cent krans. Pareille rente lui sera servie tous les mois. Puissions-nous, à ce prix, acquérir l'indulgence de notre tyran!
L'ARBRE DE LA PLAINE. (Voyez p. 155.)
Il fallait découvrir en quelle qualité Abdoul-Raïm émargerait; nos pénibles travaux ont été couronnés de succès. Le colonel portera désormais le titre de «secrétaire indigène de la mission».