PLACE DU MEÏDAN A BAGDAD.

Les Pères et les Sœurs se louent beaucoup de l'intelligence et des bons sentiments de leurs élèves, mais ils se désolent de ne pouvoir accueillir les tout jeunes enfants avant qu'ils aient pu subir l'influence délétère de leur famille.

Les pauvres Sœurs surtout ont une tâche bien ardue et parfois bien écœurante. Les petites marmottes confiées à leurs soins feraient rougir un régiment de dragons et témoignent, même par leurs jeux, que la vie, avec son cortège de joies et de misères, ne leur réservera aucune surprise.

MOSQUÉE D'AKHMET KHIAÏA, SUR LE MEÏDAN. (Voyez p. [576].)

La Sœur surveillante d'une classe de fillettes, dont la plus âgée avait à peine sept ans, fut appelée au parloir la semaine dernière, pendant la récréation. Quelle fut sa surprise de trouver, à son retour, toutes ses élèves fort affairées auprès d'une gamine à demi nue, qui poussait des cris de paon, tandis que les autres s'empressaient pour la secourir.

«Que faites-vous donc, mes enfants? Que signifie cette mauvaise tenue?»

Alors la fillette qui paraissait jouer, après la malade, le principal rôle, saisissant un bébé de porcelaine soigneusement pomponné:

«C'est fini, ma sœur: khanoum a bien souffert, mais elle vient de mettre au monde un beau garçon, que je suis heureuse de vous présenter.»

Essayez de faire un cours de jardinage et de parler de choux pommés à ces sages-femmes de sept ans!