«Tes reproches ne me vont point au cœur, fils du désert; ma conscience médicale me défend de pactiser avec les charlatans et les empiriques.»

Quand je pense pourtant que ce descendant du Prophète vient de recevoir comme honoraires une poule et douze œufs, et que durant toute ma carrière médicale on ne m'a jamais offert que six noix véreuses, je suis saisie d'un profond découragement. Humaine nature, ton vrai nom est injustice!

Le seïd est parti, le motavelli parcourt les tumulus avec Marcel, les nomades ont suivi leurs troupeaux: j'ai tout le loisir d'examiner la salle funéraire.

Mon audace a été mal récompensée. La pièce, de dimensions restreintes, blanchie à la chaux, couverte d'une voûte, contient une construction rectangulaire en forme de sarcophage. Le tombeau est entouré d'un de ces grillages autour desquels se promènent pieusement les mains des fidèles. Aux quatre angles luisent des boules volumineuses, polies par l'attouchement des fronts respectueux.

Rien de plus, rien de moins dans la dernière demeure de Daniel. Un homme assez habile pour expliquer des songes à un potentat, alors que ledit potentat ne se les rappelait pas lui-même, méritait mieux. Tout passe, tout lasse, dit le proverbe. Depuis la mort du prophète l'édifice a dû être reconstruit bien des fois; pourquoi s'étonner si la piété des fidèles a été diminuant, au point de consacrer au peïghambar un tombeau si modeste?

ORNEMENT DE CHAPITEAU SASSANIDE.

VILLAGE DE KONAH. (Voyez p. [672].)

CHAPITRE XL