Et pas autre chose n’était en lui depuis le matin que la répétition de son cri : « Est-il possible ! » mêlé aux commandements et reproches qu’il lançait à sa bête — avec une irritation qui, au fond, s’adressait à Victorin.
C’est pourquoi, lorsqu’il vit, un peu loin, son fils sortir du bois et s’esquiver, longeant la limite du champ qu’il labourait, il lui cria :
— Arrive ici un peu, Victorin !
Victorin vint droit à son père, comme un soldat à l’appel du chef. Le père Bouziane arrêta son cheval. Et, quand le fils fut proche :
— Et où vas-tu comme ça ?
— Aux châtaignes, chez nous, mon père, surveiller un peu.
— Et pourquoi ? — Arlette y est-elle, aux châtaignes ? oui ou non ? Je t’avais pourtant dit, aux vendanges, que je ne voulais plus qu’elle fût jamais employée chez nous.
— Mon père, dit Victorin…
Et il se tut.
— Alors, comme ça, cria Bouziane, tu y songes toujours, à cette fille ? Tu veux l’épouser ? Tu l’épouseras ?