— Chez le maire ?
— Eh oui ! M. Jean d’Auriol le vient remercier de tant de bonnes manières qu’on lui a faites le jour du beau banquet, quand on a reçu les Amis de Maurin des Maures.
— Et, dit Arlette, il n’y eut pas que le banquet qui fut chose amusante et belle, ce jour-là. Le bal d’après-midi fut réussi plus qu’aux plus grandes fêtes. Je m’en souviens, tant j’ai dansé de bon cœur avec Victorin Bouziane.
Ainsi roulaient les paroles, ce qui n’empêchait point les châtaignes de pleuvoir dans les « sacques » qu’elles gonflaient à les crever.
Il se faisait presque midi quand parurent trois hommes.
Le jeune peintre, ami de Jean d’Auriol, avait exprimé au maire des Mayons (doyen des maires de France) le désir de visiter une châtaigneraie. Le maire avait répondu :
— Venez ; c’est à deux pas. On entre dans la forêt par l’avenue que nous avons baptisée du nom de M. Jean d’Auriol. Allons, je vous accompagne.
A l’arrivée des trois visiteurs, les travailleurs courbés se redressèrent joyeusement.
— Bonjour, bonjour, monsieur le Maire, salut !
Le peintre s’émerveillait :