— Il y a ici un beau sujet de tableau.
— Je vous l’avais bien dit, insista Jean d’Auriol.
M. le maire, qui aime son pays, souriait de satisfaction. Et le peintre, tout à coup, remarquant Arlette :
— La jolie fille ! Est-ce que c’est là le costume d’ici ?
— Celui d’autrefois, dit Jean d’Auriol.
— Je croyais que le costume ancien des Provençales était celui-là même que portent encore les filles d’Arles ?
— Les filles d’Arles ont un costume ravissant, dit Jean d’Auriol, mais qui ne fut jamais celui de nos femmes. Chez les Parisiens, qui dit Provençale voit une Arlésienne. Vous devriez, Monsieur, avant qu’il se perde tout à fait, consacrer le costume simple de nos filles d’ici.
— Volontiers, dit le jeune homme.
Et, s’adressant à Arlette, qui, depuis un moment, comprenant qu’on parlait d’elle, la fine mouche, tendait l’oreille sans parvenir à saisir un mot de la conversation :
— Mademoiselle, dit le peintre en allant vers elle, je fais des paysages et des portraits — c’est mon métier.