— Des portraits… à l’huile ? dit Arlette, pour montrer au peintre qu’elle se connaissait en peinture.

— A l’huile d’olive fraîche, dit Jean d’Auriol en riant.

— C’est ce qu’il y a de plus beau, insista Arlette. Vous pouvez rire, vous autres. Demandez à ce monsieur peintre si je ne sais pas ce que je dis. C’est l’huile qui fait luire les beaux tableaux où on veut montrer qu’il y a du soleil.

— Justement, dit le peintre. Eh bien, si vous vouliez je ferais votre portrait à l’huile, Mademoiselle. J’en ferais même deux, et il y en aurait un pour vous.

Arlette resplendissait d’orgueil.

— Je crois bien ! s’écria-t-elle… mais ce sera…

Et elle prit un air de modestie jouée :

— Ce sera si ma mère le permet.

— Si vous voulez vous installer à la mairie, dit M. Muraire, on vous ouvrira une salle où vous aurez, je crois, toute la lumière qu’il vous faut.

— Merci, Monsieur le Maire. Et quand pourriez-vous venir à la mairie, Mademoiselle ?