Tout à coup, sans que la tête fît un mouvement, les lèvres remuèrent :
— Comme ça sent bon, ici ! murmura-t-il ; ça sentait déjà bon depuis ce matin ; à présent, c’est meilleur, plus fort… On se croirait en plein mitan du champ de violettes… On dit que les saints ont bonne odeur dans le Paradis ; ils n’ont pas mieux ! acheva-t-il d’une voix très haute.
Mais il ne remua pas.
Sa belle-fille alors prononça :
— Voulez-vous les voir, les violettes, grand-père ? Nous sommes là, moi, votre fils et Victorin, tous les trois avec nos banastes pleines ; nous avons pensé que vous auriez plaisir à les regarder.
Et, comme la tête du vieillard ne remuait toujours pas :
— Tournez-vous un peu de notre côté.
La voix du vieillard répondit :
— Non. Je suis beaucoup fatigué.
Alors, misé Bouziane, passant au pied du lit, éleva vers lui sa banaste débordante, d’où tombèrent deux ou trois bouquets sur la blancheur du lit. Les yeux du vieillard étincelaient :