Mais Arnet ajouta :

— Je vous dirai une autre fois une de mes histoires de gendarmes… celle, par exemple…

— C’est cela, une autre fois, Arnet, une autre fois ! Pour aujourd’hui, qu’avez-vous à me dire de Victorin ?

— J’ai à vous dire que les Bouziane ont besoin de vos conseils, c’est-à-dire qu’ils n’en ont pas besoin pour eux, mais que vous en donniez à leur Victorin. Eux, ils savent très bien ce qu’ils veulent et que vous serez d’accord avec eux, et que vous conseillerez ce garçon qui prend le chemin qu’il faut pour faire une bêtise, des grosses. Alors, le père de Victorin m’a dit comme ça, m’a dit :

« Arnet, tu verras un de ces jours M. Augias qui est ton ami — et cette parole de Bouziane me fait honneur, monsieur Augias — et quand tu verras M. Augias, ton ami, dis-lui de nous aider et qu’il montre à notre Victorin où est son devoir. »

— Et à quelle occasion, Arnet ?

— A l’occasion du grand amour qui le tient pour une fille qui n’est pas celle que son père voudrait lui voir épouser.

— Et qui son père voudrait-il lui voir épouser ?

— Martine Revertégat.

— Bonne affaire, ça ! Ces Revertégat sont des gens à l’ancienne.