— Arlette veut voter !
Ayant remâché ce mot, il ajoutait avec une grimace :
— Ça, c’est plus fort que du poivre !
IV
LES LEVEURS DE LIÈGE
La route qui, de Gonfaron, va aux Mayons, traverse du nord au sud-est la plaine cultivée, et, à partir des Mayons, longeant les Maures, devient très sinueuse parce qu’elle épouse, à leur base, le relief des collines et les creux des ravins.
En allant vers l’est, le voyageur, alors, a, sur sa droite, les collines, rochers, pinèdes et châtaigneraies ; sur sa gauche, des bois de pins d’abord, puis des forêts de chênes-lièges qui vont en s’étalant dans la plaine.
Les Revertégat possédaient entre Gonfaron et les Mayons, trois hectares de terrains en plaine. De vieux chênes-lièges y dressaient leurs structures tourmentées, leurs bras tords, noueux et rugueux.
Or, ce jour-là, il avait été décidé que la mère Revertégat qui, d’ordinaire, à midi, portait la soupe aux « rusquiers » serait remplacée dans cette mission par sa fille Martine.
De son côté, la jalouse Arlette avait décidé qu’elle irait, ce même jour, sous un prétexte, rôder autour des rusquiers pour surveiller cette Martine et ce Victorin.
Ce projet était venu à la suite d’une conversation avec le valet de ferme des Revertégat, Marius, par qui elle se faisait courtiser.