Comme le brin de paille au hasard emporté, —

Nous vivons pauvres, seuls, riches de liberté !

Vois-tu luire là-bas, dans la plaine éclatante,

Cette tente rayée, au soleil ? — c’est ma tente,

Le poil de mes chameaux en a fait le tissu

Blanc et noir, — par un fil des mêmes poils cousu.

Là-dessous, mes enfants vivent avec mes femmes ;

Là-dessus le soleil fait ruisseler ses flammes,

Et l’orage ses eaux en vain ; c’est notre abri.

Là, ma chèvre bêlante amène son cabri,