— Obéissez-lui en toute chose. C’est lui qui sait ce qu’il faut.
Et enfin, comme pour répondre à cette question qu’il devinait : « Croyez-vous qu’on puisse être pardonné, après tant de choses terribles ? » — il dit :
— Tout passe ; Dieu seul demeure.
II
Huit jours plus tard, de toutes ces visions, rien n’était resté dans la tête de la jeune femme.
Le lendemain matin même, la clarté du jour avait dissipé comme un rêve le souvenir de ces réalités.
Elle disait à l’abbé :
— Est-ce moi, Monsieur l’abbé, qui suis cause de ce grand malheur ? Voyons, la comtesse écoutait. Comment prévoir cela ? Que dirait-on si l’on me surprenait faisant une chose pareille ? Et puis, suis-je allée chercher Paul pour cette discussion ? C’est lui qui a commencé… Si vous aviez vu et entendu ! Il m’a exaspérée : j’ai répliqué. Et si ce n’est pas lui qui a frappé au cœur sa malheureuse mère, mettons-nous que ce soit nous ; mais ce n’est pas moi seule. Voilà, Monsieur l’abbé, ce qu’il faut bien lui dire.
Ces beaux raisonnements positifs, elle les fit accepter sans peine à Albert, qu’elle put voir, chez lui, à qui elle put parler un instant en particulier, dans un coin du salon, tandis que Paul, causant avec Madame de Barjols, n’osait pas les interrompre, — pour ne pas inquiéter la vieille dame.
L’abbé, lui, répondait à cette dialectique :