— C’est fort bien raisonné, cela, ma pauvre enfant, mais beaucoup trop bien ! Ne comprenez-vous pas que Paul s’est fait tous ces reproches ? Toutes ces choses, il se les est dites à lui-même. Ce n’est pas à vous de les dire, ni de les penser. La générosité, la tendresse, le pardon, l’amour, sont plus grands que la justice, ma pauvre enfant, plus grands par conséquent que la justesse des meilleurs raisonnements les mieux arrangés par la parole. Il faut aimer. L’amour éclaire tout d’une autre lumière… Mais il faut découvrir l’amour soi-même. Cherchez en vous. Résistez au passé. Cherchez l’éternel.
Alors, l’ancienne Rita renaissait. Elle commençait à le trouver ennuyeux, l’abbé… « Il me manquait celui-là. Ça n’était déjà pas si drôle… Et, à présent, me revoilà en deuil… Ah ! non ! ça n’est pas gai, l’existence… Pas même moyen d’aller au spectacle ! »
Berthe était revenue la voir. C’est à elle qu’elle parlait ainsi.
Elle sentait bien que même son repentir ne lui rendrait pas son mari. Il y avait entre eux maintenant la mort de la comtesse. Cet obstacle-là était certainement infranchissable. Alors ? — Alors, n’est-ce pas, elle ne pouvait pourtant pas renoncer à la vie ?… Elle avait eu joliment raison de se ménager une issue pour sortir de cet abîme : Albert, lui seul, devait l’en tirer… Ah ! si Léon donnait de ses nouvelles !…
— Reviens me voir, ma chère, tu es de si bon conseil !
Elle avait fini par conter à Berthe tout, y compris sa nuit de noces.
— Non, pas possible !… Quel drôle d’homme !
Et c’était des papotages à perte vue, sur l’un, sur l’autre.
— Et Lérin de La Berne ?
— L’Ecrin de La Perle ? — Flambé, ma chère !… La moelle épinière.