— Morbleu ! acheva le vieux marquis, j’avais entendu vanter la courtoisie d’un bandit chevaleresque, nommé Gaspard de Besse ; et j’avoue que j’y avais cru. Aurait-il volé aussi cette gloire ?
— Je ne crois pas, monsieur, dit Gaspard avec un sourire ; et vous l’allez bien voir.
Le héros de Fontenoy avait fait avancer son valet ; et, désignant, du bout de son doigt méprisant, le sac d’écus :
— Prenez d’abord ceci !
Gaspard, souriant, regarda la dame, puis son époux ; et, avec une grâce digne de ses interlocuteurs titrés :
— Fi ! monsieur, fi !… C’est pour rien.
Il était impossible au marquis de deviner ce qu’ainsi Gaspard entendait lui octroyer gratis. Il comprit seulement que son adversaire s’excusait en apprenant qu’il avait devant lui un héros de France.
Gaspard attirait une branche du rosier le plus proche ; il cueillit une rose ; et, l’offrant à la marquise :
— Tant de grâce et de beauté demeurent sans prix, madame. Daignez seulement m’accorder la faveur d’accepter cette fleur, en même temps que votre entière liberté. Votre carrosse n’est certainement pas dételé encore ; et l’époux qui chevauchera à la portière est digne de vos plus beaux regards, puisqu’il est un des héros d’une si illustre bataille.
Le marquis piaffait un peu :