— Eh bien, soit ; vous pourrez encore vivre et mourir en hommes !… Allez !

Il fit un signe. On les emmena. Ils remerciaient.

Thérèse s’approcha de Bernard :

— Bernard, dit-elle d’une voix douce, mais ferme, je te suivrai quand tu voudras, partout, fidèlement.

— Enfin ! murmura Gaspard qui se détournait pour cacher son émotion.

Bernard enlaçait Thérèse dans ses bras ; et il tremblait de bonheur.

Sanplan s’essuyait franchement les yeux.

Gaspard rêvait, regrettant l’amour pur, et satisfait d’en ouvrir les joies à son jeune frère d’adoption.

— Oui, mon Bernard, soupira Thérèse, déjà attristée de sa promesse, je te suivrai quand tu le voudras ; mais — tu le sais — il faut d’abord qu’un prêtre nous bénisse. Tu ne le voudrais pas autrement… Hélas ! quel prêtre consentirait à nous bénir ? Pas un, pauvres de nous !

— Et pourquoi non ? dit Sanplan ; sachez, Thérèse, que nous avons un curé, non pas dans notre manche, mais sous la main.