— Homme, dit Gaspard au mari, de quoi vous plaignez-vous ?
— Voici, monsieur Gaspard. J’ai trouvé, un matin, en rentrant dans ma bastide, à une heure où l’on ne m’attendait pas, ma femme avec un homme.
— Ce sont des choses qui arrivent, dit Gaspard, et qui sont plus ou moins fâcheuses, selon la manière dont on les prend… Femme, niez-vous l’accusation ?
— Non, dit-elle, baissant la tête.
— Alors, vous, le mari, que fîtes-vous ?
Le mari déclara :
— J’imaginai ceci : je demandai à l’homme — que je connaissais, bien entendu — de me donner un bel écu.
L’auditoire éclata de rire.
— Le peuple a tort, prononça Gaspard, de devancer par ses rires le jugement des juges. C’est un grand mal, comme celui de juger par avance sans preuves ni discussion. Attendez donc pour rire de savoir pourquoi ce mari demanda un écu à l’amant de sa femme.
— Cet écu, dit l’homme, devait être, comme vous allez le voir, la punition de ma femme, en lui donnant à entendre qu’elle s’était conduite comme ces créatures de rien qui se livrent pour de l’argent.