— Femme, prononça Gaspard, je vous cherche une excuse. Aimiez-vous votre amant, ou bien vous étiez-vous donnée par intérêt, pour obtenir cadeaux quelconques, en nature ou en argent ?… Soyez sincère. Tout pardon n’est jamais qu’à ce prix.

Le mari voulut parler.

— Attendez qu’on vous interroge. Vous, femme, parlez…

— J’avais de l’amour pour cet homme qui était veuf, et de notre voisinage ; il avait vu maintes fois mon mari, qui est un caractère violent, me maltraiter pour ceci ou pour cela, en me criant mille sottises. Cet homme m’avait des fois consolée ; et, oui, que je l’aimais ! Et, pour ce qui est des cadeaux, que m’aurait-il donné, pechère ! n’ayant rien que son bêchard, sa pelle et ses bras ?

— Or çà, vous, le mari, que venez-vous demander ?

— Je viens demander que vous fassiez comprendre à la femme, comme la punition est juste que j’ai choisie pour elle, en me faisant remettre cet écu.

— Lui avez-vous demandé si elle aimait cet homme ?

— Qu’elle l’aimât ou non, qu’est-ce que ça aurait changé à mon affaire ? Le péché contre moi était le même. J’ai puni ma femme.

— Mais, vous l’avez punie d’une façon qui n’est pas juste, puisque cette femme ne s’est pas vendue.

— Vendue ou non, la punition de ma femme sera d’être traitée en catin.