Un peu désarçonné d’abord, celui-ci, s’étant vite remis en selle, répondit :

— Parbleu, maître intendant, c’est l’histoire de la bûche et de la paille, car votre ventre à vous, auprès du mien, semble un vaste muid à côté d’une outre.

Et, à son tour, sur le ventre rebondi de Sanplan, il donna une forte tape, en ajoutant :

— Cela sonne son plein, compère !

— Bien répondu, compère ! déclara Sanplan. Et maintenant que nous avons fait connaissance, je désire, comme ma charge m’y oblige, examiner les appartements destinés à mon maître, M. le marquis de Paulac… Venez-vous, monsieur le secrétaire ?

— Je vous suis, monsieur l’intendant, répliqua Bernard.

— Par ici, dit Marin ; suivez-moi, messieurs.

Sanplan sortit à la suite de Marin, sans quitter son allure d’importance ; et, au bout d’une minute, il rentrait dans le salon d’un air malcontent ; et, interrompant les propos que tenait sur son compte la joyeuse compagnie, — il déclara très haut à Marin, empressé sur ses pas :

— C’est petit, c’est étroit, mesquin ! de véritables cages à poules, monsieur ! Songez que nous représentons un haut personnage qui lui-même ne représente pas moins que Sa Majesté ! Or, je soupçonne vos lits d’être des nids à puces !

Bernard, jusque-là muet et hautain, parla à son tour ; et prenant Marin par un bouton de sa veste blanche :