Il avait déjà compris qu’il allait subir un assaut.
Cocarel, insinuant et tâtant son terrain, reprit :
— Vous êtes en position de me servir… mais avez-vous… mille excuses… une fortune digne de votre situation ?
— Ma fortune est nulle. Je suis le soldat qui n’a que sa solde.
— La fortune de mon père, déclara Cocarel d’un air fin, est considérable.
— Hum ! voilà — ou je me trompe fort — une tentative de corruption ? fit observer Paulac.
Comme, dans le ton de M. de Paulac, aucune indignation ne perçait, Cocarel se sentit encouragé. Il dit, procédant par insinuation :
— Une question sur votre fortune, rapprochée d’une confidence sur la mienne, ne saurait constituer une tentative de corruption, monsieur ; vous êtes, j’en suis certain, trop bon juriste pour l’ignorer. Il n’y a donc pas de tentative… jusqu’ici.
Gaspard souriait toujours.
— Ce jusqu’ici est éloquent ! Eh bien, qu’avez-vous à ajouter ?