— Sans doute, répliqua dom Pablo… Vous n’en avez donc qu’un seul ? tant mieux ; j’aurai moins de besogne, car, j’ai dessein, avec votre permission, de le confesser ; et il m’est toujours pénible d’entendre, de la bouche des maudits, le récit de leurs exécrables péchés. C’est pour les miens sans doute que m’est imposé ce triste ministère !
Il attacha sa bête à l’anneau du mur ; et, tirant des paniers une brassée d’herbes en fleurs :
— Et voici pour votre frère l’âne, car toute créature est notre sœur et a droit, au moins, à la nourriture que Dieu ne refuse point au passereau perché sur nos toits. L’âne d’ailleurs est sacré, car un de ses ancêtres était dans la crèche où vagissait le Dieu de l’Évangile ; et c’est là une noblesse plus ancienne d’un millier d’années que les plus vénérables des noblesses humaines, celles qui se croisèrent pour la délivrance du tombeau divin.
A cela Castagne n’avait rien à répondre. Et Castagne ne répondit rien, si ce n’est :
— Entrez, saint homme !
Dom Pablo était dans la place. Sachant, pour l’avoir bien examinée du dehors, la maison peu vaste, et la devinant sonore, il chantonna :
Tôt ou tard, il faut qu’on laisse
La bouteille — et le magot ! —
Cela suffisait : Gaspard était averti de la présence de dom Pablo ; il avait reconnu sa voix ; il pouvait le revoir sans le trahir par un cri de surprise.
— Chut ! dit le geôlier ; que vient faire ce de profundis ? Je n’aime que les chansons gaies.