— Quelqu’un de vous a-t-il quelque chose à ajouter ? demanda Gaspard.
Le juge Cocarel déclara :
— Ces jeunes gens, parmi lesquels se trouvait mon fils, ne savaient plus ce qu’ils faisaient. C’est à juste raison qu’on leur accorde l’excuse définitive. L’ivresse, à elle seule, est une excuse.
— En ce cas, dit Sanplan, c’est-à-dire si ce genre d’excuse est admis par le tribunal, qu’on nous apporte promptement du vin et du meilleur ! Une fois ivres, nous vous pendrons, assurés d’être, par vous-mêmes, excusés d’avance… Je demande la mort du coupable !
La stupeur et aussi le sentiment de leur impuissance, rendirent muets les parlementaires ; ils se taisaient devant la force en armes.
Et puis leur confrère, l’avocat général des Saquettes, dont ils connaissaient le sérieux et l’énergie, venait de passer un mot d’ordre :
« Patientez ; attendez la fin que je leur prépare ;… Nous allons être secourus. »
— On pourrait du moins se ranger, dit timidement La Trébourine, au parti de l’indulgence ?
— Opinons, messieurs, à mains levées ; la main levée demande la mort.
— Les mains de tous les bandits se levèrent.