Ils rencontrèrent d’abord un paysan d’âge mûr, en contemplation devant des vignes malingres qui s’étalaient par longues rangées sur la pente d’une colline.

L’homme, quand passèrent près de lui les deux aventuriers, ne manqua point de leur dire : « Bonjour, la compagnie. »

— Vous êtes bien poli pour mon âne, répliqua Pablo ; recevez donc son fraternel remerciement ; mais que regardiez-vous là, d’un air si préoccupé, l’ami ? Vous ne semblez pas content ? Seriez-vous malade ?

— C’est ma vigne, dit le paysan, qui ne se porte pas bien ! Déjà, l’an passé, elle ne m’a pas donné ce qu’elle aurait dû. Elle était déjà malade… Alors je me suis mis quelques boisseaux d’avoine entre les fesses, mais ça ne va pas mieux, non ! ça n’arrange pas les choses.

Gaspard et Pablo se regardèrent, saisis d’un étonnement bien naturel.

— C’est un singulier remède pour guérir les maladies de la vigne, dit Gaspard.

— Ça ne guérit pas la vigne, pardienne ! déclara le paysan ; mais ça devrait me soulager un peu du tort qu’elle me fait.

— Ce doit être, fit Pablo, en riant, un remède de très vieille femme ou de sorcier ; mais, à votre place, j’aimerais encore mieux faire franchement exorciser mes vignes, car votre remède me semble gênant ; et je ne vois même pas comment vous avez, où vous dites, la place de le loger ; et, pour vous confesser la vérité, ni mon compagnon ni moi nous ne vous comprenons.

— Eh ! dit l’homme, suivez-moi, et vous comprendrez… quand je vous aurai montré mes fesses !